Venez chez Domi !

Tant que la mer étreindra les cieux

Petite annonce.

Enregistré dans : Ecrits, Blog — Domi at 9:47 pm on Mercredi, juin 23, 2010

Ben non, cet amour-là ne rimait pas avec toujours et la traitresse vous abandonna, vous brisant le cœur. Mais bon, une grande fille comme vous sait se prendre en main et vous revoilà, jouissant d’un palpitant tout neuf aux mille miettes scotchées de frais, à peu près d’attaque pour un nouvel embarquement pour Cythère.
Bien sûr, selon le principe non pas d’Archimède mais de Sappho (la langue qui se brise, le feu léger et l’herbe verte) on suivrait certaines filles au bout du monde, foudroyées net dès qu’elles apparaissent, avant même qu’elles prononçassent un seul mot, sans pouvoir expliquer pourquoi. Ça arrive rarement et peut-être tant mieux, sans doute ne ressentent-elles rien ou sont-elles déjà mariées : défaire d’un côté (le leur) pour refaire de l’autre (le vôtre)… Un peu de sens moral, que Diable !! Cela dit, rien n’empêche un coup de foudre mutuel durable de venir bouleverser votre existence mais ne rêvez pas trop !!!
En attendant, quelle course d’obstacle que la Carte du Tendre ! Ça n’en finit pas de labyrinther par tout un jeu d’attitudes, de regards, de sourires, de mots, par la chute de remparts successifs à mesure que se dévoile un intérêt réel pour l’autre, par toute une alchimie subtile qui vous chamboule, qui vous conquiert en douceur. Et pour attirer, pour séduire, il faut à nouveau accepter de se livrer d’abord un peu puis beaucoup puis… s’offrir, plonger dans l’inconnu. Voie escarpée pour un cœur convalescent joint à une nature compliquée (merci petit Crabe bien tapi sous son rocher, farouchement défendu par gros Scorpion), cela demande du temps mais comme dit le Renard au Petit Prince “C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante”.
Pourtant certaines échappent au viol de justesse : de belles mains de musicienne (ah, le son du violoncelle le soir au fond des dortoirs !), des bras nus que l’on devine si doux, une peau dorée pour mordre dedans comme dans un bon pain odorant tout juste extrait du four, la pointe d’un sein moulée par le tee-shirt (décidément, “Hiver, vous n’êtes qu’un vilain !*”, les courbes d’une silhouette, tout cela constitue de la provocation pure et simple ! “Ouiiiiii ! Et alors” rétorque une partie du chœur antique. Et alors, s’interroge, perplexe le coryphée femelle que je suis. Lorsque, par exemple, ma saison natale, l’été attise “la braise rouge de mon sang” avec ses jours enfin si beaux, si chauds, si bons penser encore “C’est transitoire, hormonal, patience et tant pis !” ? Bouff… le corps réclame tandis que l’esprit déclame. L’horrible intello que je suis rapplique juste à point, ascèse en bandoulière pour objecter que, certes les merveilles énumérées plus haut suffiraient pour meubler un fort agréable moment et quelques-unes ne demandent que ça seulement après, eh ???? À mon avis, une partenaire désertant le théâtre des opérations sitôt redescendue du 7ème ciel en vous déclarant “C’était très bien mais brisons là !” s’analyserait un chouïa avec grand profit. Personnellement je ne pourrais pas vivre une entente physique parfaite avec une de mes contemporaines en sachant la vanité de songer à étendre cette complétude à tous les domaines de l’existence.
Comment voulez-vous, gentes demoiselles, que mes jours s’écoulent simples et paisibles, tiraillés par ces deux zozos-là ? Car enfin, le sexe à lui seul ne saurait occuper toute une vie ! Il serait chouette que ma future douce et tendre aimât aussi ou tout au moins qu’elle supportât la mer, Beethoven, les chats, Toffoli, le silence, les hirondelles, la musique baroque, qu’elle montrât un goût prononcé pour l’introspection (on fera des concours entre deux câlins) et qu’elle soit dotée d’un tempérament serein (j’assumerai l’angoisse !). Toutefois cette perle introuvable devra être abondamment pourvue d’un tas de choses que je ne connais pas mais que je ne demande qu’à découvrir.

* : de Charles d’Orléans (1391-1465), poète délicat.

Un vol de papillons arrêté dans l’extase (14)

Enregistré dans : Sur ma planète, Point de croix — Domi at 10:13 am on Samedi, juin 19, 2010