Brava !!!
Vendredi 20 Novembre, je quittai au matin ma belle cité de Lyon pour me retrouver à la nuit tombée au Théâtre des Champs-Elysées à Paris en priant pour que Cecilia n’ai pas attrapé la grippe A (ou B, où une autre plus exotique jusqu’à Z) dans la nuit. Des gens me demandèrent si j’avais une place à vendre mais comme j’en réclamai mon poids en or, la nouvelle se répandit et on me ficha vite la paix. Les portes s’ouvrirent, on me guida vers ma place au 1er balcon et je m’installai en ôtant ma grosse parka et en fourrant mon APN dans ma poche. L’ambiance était plutôt bon enfant : des jeunôts se photographiaient d’un côté du balcon à l’autre, moi qui craignait d’être cernée de mémés envisonnées, emperlées et guindées (oui je fais des rimes si j’ai envie) que mes baskets empêcheraient de respirer…
Je fus surprise par la taille du théâtre ; je m’imaginais une grande salle et là c’était à ma taille, presque intime. J’admirai le très beau clavecin sur la scène, je me demandai de quel côté Cecilia entrerait. L’orchestre arriva, s’accorda et les folies baroques commencèrent. L’entrée avalée, il joua l’introduction d’un air absent du CD et une sorte de cavalier avec chapeau à plume blanche, grande cape doublée de pourpre et hautes bottes déboula avec fougue de la gauche de scène : Cecilia !!!
Nous applaudîmes, pour ma part foudroyée avant même qu’elle ait ouvert la bouche, le plaisir qu’elle avait d’être là et son désir de partager, d’échanger des émotions par la musique était si palpable… Je voyais enfin en chair et en os (elle a un physique qui fait plaisir à voir) celle qui depuis Noël dernier m’emporte si loin, si haut dans l’émotion cette chose que certains imbéciles voudraient nous faire passer pour une faiblesse alors que ce n’est qu’en elle que peut s’épanouir notre humanité.

Dès lors, je laissai tomber le programme et je m’abandonnai, tel Dante à Béatrice au seuil du Paradis. Je trouvai la voix de Cecilia plus grave que sur CD ce qui m’enchanta. Un cas de conscience se posa vite à moi : applaudir à m’en péter les paumes ou photographier ma Cecilia lors de mon concert d’anniversaire de mes 50 ans ??? J’abandonnai mes 50 balais et je retrouvai mon âme d’enfant, la meilleure…
Les vocalises folles et autres acrobaties vocales semblaient si simples, si naturelles… Je me demandai parfois si Cecilia connaissait l’usage du mot respirer !!! La salle se levait, acclamait et moi, submergée je ne savais plus où j’étais. Il me fallut un moment pour réaliser que Cecilia avait entreprit un déshabillage en règle : d’abord le chapeau qu’elle envoya valser, puis elle rentra sans la cape, puis sans le gilet, je me demandai si elle n’allait pas nous apparaître non en corset mais dans un de ses magnifiques bustiers, épaules et bras nus (ben vi, pendant une seconde, mes yeux en voulurent plus).

Elle fit le clown aussi : pendant je ne sais quel air, elle se mit à chanter comme si elle sanglottait de toutes ses larmes, dans “Cadro” elle accompagna le “Precipitando va” d’un tel mouvement du bras plein d’énergie en passant d’une jambe sur l’autre pendant que l’orcherstre observait un silence qu’une partie du public pensa que l’air était terminé et commença à applaudir… Mais non ! elle sourit et elle continua.
J’aurai grandement apprécié quelques instants de silence après les airs lents, pour que la communion se poursuive encore et que le réatterrissage s’effectue en douceur, ne serait-ce que pour respecter le bouleversement de Cecilia…
Je serai bien restée sur mon nuage au 14ème ciel mais la Belle salua plus longuement, l’orchestre quitta la scène, les gens cessèrent d’applaudir et je me retrouvai dans l’entrée, toute bête, comme ivre… On me dit qu’il n’y aurait pas de séance de dédicace, cela m’étonna mais pas grave, j’avais repéré l’entrée des artistes, j’allai donc attendre là-bas. Las, au bout d’un temps interminable, l’on vînt nous dire que Cecilia, très fatiguée était sortie d’un autre côté. Ce fut ma seule déception de la soirée…
