Viva Cecilia !
J’ai passé Noël avec des amis , ce fut un bon moment de chaleur entre esseulés. Las ! rentrée chez moi un sentiment de solitude carabinée me sauta dessus : Noël est une fête de famille et pour moi, là, c’est le vide. Je cherchai de quoi dissiper ma sombreur sur Internet et je me retrouvai sur le site d’Arte qui proposait des vidéos des dernières émissions diffusées. Parmi elles un reportage sur Cecilia Bartoli sur les traces de Maria Malibran et son concert à Barcelonne à la diva défunte.
J’avais quelques Mp3 de Cecilia Bartoli, j’admirai la souplesse de sa belle voix de mezzo-soprano mais ma curiosité s’arrêtait là.
Au fil de la diffusion je découvris quelqu’un de très simple

Ma curiosité m’entraîna sur You tube où au fil de mes découvertes je fus définitivement conquise par la belle romaine, capable de bien autre chose que d’accrobaties vocales :
par sa gourmandise des plaisirs de la vie,

la minutie de sa recherche de l’authenticité lors des ses séances de répétition et d’enregistrement


sa façon de prendre son métier au sérieux mais de savoir s’isoler pour considérer les choses avec justesse et, par là, de vivre sans affectation.


J’aimai sa manière d’aborder la vie, rieuse, spontanée,


et j’eus la surprise de la découvrir en danseuse de flamenco


et en joueuse de castagnettes :
On apprend dans l’écoute et dans l’attention à l’autre : c’est ce que fait Cecilia depuis toujours avec sa mère et professeur,


avec les conseillers dont elle s’entoure,
et tous ceux qui ont le bonheur de collaborer avec elle

Fac ut portem :
elle a su choisir parmi les fuits
qui se présentaient alors pour sa voix à ce moment-là de sa carrière :

Chanson espagnole :
et en extraire tous les sucs et tous les arômes enfouis dans leur pulpe.
Que m’apporte à moi l’écoute de Cecilia Bartoli ? C’est d’abord une rencontre avec quelqu’un d’extraverti, de démonstratif : Cecilia se donne toute entière par son chant, tout son corps frémit d’une sensualité qui rend l’émotion charnelle, voluptueuse

Caro mio ben :
ou aussi tempétueuse que les furies qu’elle invoque :
ou coquine :

ou encore implorante :


puis affolée de jalousie :
si belle plongée dans la désespérance absolue :


bouleversée jusqu’au bord des larmes bien après la fin de l’aria :


avant que les voix de la petite hirondelle, de la pastourelle ou des petits zéphyrs ne la ravissent
Les paroles sont la plupart du temps en italien ou en espagnol, j’en connais la traduction, et parfois en français mais comment analyser l’émotion dont Cecilia les pare :
Caldo sangue :
ça se vit, ça se communique, ça se partage une émotion mais peut-on la disséquer ?
Cecilia sonde l’intimité des mots, elle éclaire leur signification de sa voix : dans cette vérité des sentiments s’épanouit l’intelligence du cœur.
Elle possède ainsi le don de créer des passerelles entre son âme et la nôtre par la musique.
Le miracle des les nuances de sa voix qui les magnifie nous rappelle que toute notre espèce palpite des mêmes émotions et vibre des mêmes aspirations d’un bord à l’autre la planète et que c’est la manière dont on en usera qui fera notre humanité.
Cecilia réveille en moi des émotions enfouies, cachées comme on cache une blessure pour ne pas donner prise, pour ne pas sembler fragile, et cela fait un bien fou de pouvoir enfin pleurer toutes les larmes de son corps dans cette intimité ou la chaîne Hi-fi sert de médium.
Elle possède le talent de faire paraître l’aurore et s’épanouir le grand jour sur ma vie qu’étouffe quelquefois un ciel grisâtre et, par l’ardeur et l’allégresse de sa voix la chaleur revient, je veux de nouveau saisir mes envies et mes aspirations à bras le corps, je verrai bien où ça me mènera !
Cecilia m’emporte parfois très loin, dans le monde ineffable de l’émotion pure où j’ignore pourquoi je suis émue à ce point
où le dialogue se fait d’âme à âme, où il ne faut pas chercher mais s’abandonner, se laisser emporter vers l’ailleurs et pleurer, pleurer encore sans savoir pourquoi, se mettre comme en apesanteur, l’entour aboli.



















