Au pays des cigognes (2).
24 Avril 2007 (2ème partie).
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Nous retrouvons Titine, sage sous les arbres et nous gagnons Sélestat où nous attend Caro. Audrey se perd un peu et créé un petit embouteillage dont elle est très fière (désolée, je n’ai pas de photos). Je cotoie Caro depuis presque deux ans sur un forum consacré à “Urgences” mais je ne l’ai encore jamais rencontrée en trois dimensions, elle s’avère très sympa. Nous entrons dans un immense restaurant chinois où, du moins pour moi, il y a un vacarme infernal : pour ne pas attraper de migraine, je positionne mes appareils auditifs sur “hors-service” tout en les gardant sur les oreilles, ils font bouchon et je peux me régaler en paix. Ce que nous mangeons me réconcilie avec la nourriture chinoise dont je n’avais qu’une expérience très ratée. Je me goinffre de boulettes de viande (du porc ?), d’ailes de poulets, de salade avec du soja, de beignets aux pommes, de salade de fruits et autres. Ma mission si je l’accepte : dénicher un bon restaurant chinois à Lyon !
Nos estomacs bien lestés, nous laissons Titine à la garde des asiatiques en la suppliant de ne pas être jalouse de la voiture de Caro qui va nous emmener au château du Haut-Koenigsbourg

où doit nous attendre Annie, une amie que je cotoie depuis des années sur un site de jeux sans jamais l’avoir rencontrée non plus. C’est dans ce château que fut tourné en 1937 le film “La grande illusion” avec Pierre Fresnay, Jean Gabin et Eric von Stroheim. La route tortille dans les arbres, grimpe, grimpe, nous croisons la voie qui mène à la montagne des singes où vit en liberté une colonie très bien acclimatée 280 Macaques de Barbarie dans une forêt de 24ha mais, hélas, on peut pas tout visiter en quelques jours… Des voitures sont garées des deux côtés de la route, nous trouvons une place juste sous un sentier escarpé qui conduit à l’entrée du château.

Je reconnais Annie qui nous fait signe : elle nous avait déjà repérées à ma chère casquette qui protège mon non moins cher crâne du soleil, je suis ravie de faire enfin sa connaissance en réalité d’autant qu’elle s’avère au moins aussi gentille que sur Internet. Nous bavardons, un peu intimidée pour ce qui me concerne (ben vi, mais je me soigne, hein !) puis nous prenons nos tickets d’entrée devant la porte à l’emblème de la famille des Thierstein, (un animal=thier se tenant sur une pierre=stein),

principaux constructeurs du château à la fin du 15ème siècle : chacune d’entre nous pense avoir droit à une réduction adaptée à son cas mais bernique, ça ne marche pas ! Le château du Haut-Kœnigsbourg a tous les atouts d’une forteresse : il domine la plaine d’Alsace à 757 mètres d’altitude dans une position stratégique relativement facile à défendre autrefois et aujourd’hui un panorama exceptionnel sur plaine d’Alsace, les Vosges, la Forêt-Noire et même parfois les Alpes. A l’Est et en contrebas du château (côté route) se situe un bastion en étoile qui servait à empêcher l’approche de canons et qui abritait un parc à animaux.

Le domaine du château épouse la forme de l’éperon rocheux sur lequel il est construit : ses enceintes entourent un terrain qui s’étend sur 270 m de long pour 40 m de largeur environ. En remontant vers l’entrée, nous longeons les remparts extérieurs impressionnants (courtine), première ligne de défense, contenant plusieurs tours.

Nous nous demandons s’il a des visités guidées, nous accédons à la seconde porte du château portant les doubles blasons des familles de Hohenzollern (famille de Guillaume II, le restaurateur de la forteresse)

et de Charles Quint (Famille des Habsbourg).

Ces deux armoiries, comme de nombreux autres symboles, sont un signe politique, montrant ici la continuité des deux dynasties impériales. La cour principale donne accès à plusieurs annexes importantes, la forge, le moulin :

l’auberge :

et une fontaine. Cette cour mène aussi au corps du logis, par une porte surmontée elle aussi du blason de la famille des Thierstein. Nous découvrons une splendeur qui n’est mentionnée sur aucun dépliant : les escaliers du château, étroits, en colimaçon, vertigineux. La visite commence par des marches menant à un pont-levis, protégé par des meurtrières.

Passé cette défense protégeant le logis, nous accédons à un puits fortifié de 62 mètres de profondeur,

précédé de marches il donne sur la cour intérieure, au centre des murailles se trouvent les habitations et le donjon.

Nous parvenons au logis nord en passant par le cellier, belle salle voûtée, puis par une cour intérieure contenant une citerne de récupération des eaux de pluie
et par les cuisines. La montée aux appartements permet de découvrir un exemple de l’habitat de château. Les pièces nobles sont recouvertes de lambris, technique d’isolation adoptée à partir du 15ème siècle.
La salle du Kaiser :

La chambre du logis nord :

La chambre lorraine :


La première chambre des Dames :


Détail de la cheminée :

Elles contiennent une cheminée ou un poêle en faïence très ouvragé, le kokelhof, typique de la région :

détail du haut :
détail du corps :
pied :
et quelques meubles :

partout des peintures :
des sculptures :
Annie et moi posons pour la postérité qui n’en demandait pas tant, la pauvre :
Les fenêtres sont souvent équipées d’un coussiège, petite banquette qui permet aux femmes de s’installer à cet endroit pour recevoir un maximum de lumière et de réaliser des travaux de couture. Le logis sud qui était réservé à la résidence des Tierstein est flanqué de galeries en bois
et conduit vers la salle des fêtes dont voici une bannière :

une première fresque :

et une deuxième :

Cette salle a un but clairement politique, au détriment de la restauration historique. La salle a une hauteur plus importante que celle d’origine (la galerie indique la hauteur initiale). Au plafond, l’aigle impérial domine la salle et englobe les blasons des différentes villes de la région :
Nous redescendons pour trouver la salle des trophées de chasse, tous marqué du W de l’empereur (Wilhelm pour Guillaume) :

la salle d’armes :

un de ses vitraux :

possède un plafond peint d’armoiries liées à l’histoire :
et abrite une importante collection d’armes anciennes et d’armures :


Nous trouvons enfin une guide qui nous explique la façon de s’en servir : “La lance que vous voyez là servait à la chasse : on piquait et on tournait” nous dit-elle en nous montrant un long bâton surmonté d’un pic et entouré de curieuses petites hélices. “Celle-là était utilisée un peu comme un ouvre-boite contre les armures” explique-t-elle en nous montrant un long pic de fer, la hallebarde permettait de désarçonner un cavalier avec son crochet puis de le blesser avec la pointe ou la hache. L’étoile du matin, elle, servait à déformer les armures, etc”.

Donc, oyez, oyez, bonnes gens : à présent nous savons nous défendre !! Grâce à nos braves escaliers, nous poursuivons notre visite par la chapelle :

Nous arrivons dans le Jardin Supérieur où poussent des arbres :


et d’où nous avons une vue vertigineuse sur l’entrée du château :

Autrefois ce lieu abritait on ne sait plus quelle construction alors, en vertu de la restauration moderne, faute de savoir quoi et comment reconstruire, on a laissé la nature y reprendre ses droits. Un deuxième pont-levis :

nous mène au grand bastion, bâtiment médiéval défensif flanqué de deux tours :

où quelques pièces d’artillerie sont exposées :


Son rôle était d’assurer la défense du château, et comprenait une terrasse d’artillerie qui permet d’avoir une vue superbe sur le château, la plaine :
les Vosges :
mais pas de chance, aujourd’hui le temps est orageux…
La visite terminée, nous nous installons à l’auberge où nous nous désaltérons en bavardant. Il est décidé de ne pas rejoindre nos voitures par le sentier casse-gueule que nous avons emprunté pour venir. Nous nous séparons d’Annie au château et de Caro à Sélestat avec promesse de nous revoir. Titine, fringante et reposée nous ramène à Cernay, nous croisons un bel envol de cigognes et nous faisons des courses pour notre expédition du lendemain.
Audrey à peut-être trouvé la solution pour que nous puissions croiser Steph durant notre visite de Strasbourg, suspens…