Venez chez Domi !

Tant que la mer étreindra les cieux

Une excellente lecture.

Enregistré dans : Ecrits, Réflexions — Domi at 11:54 am on Mardi, février 27, 2007

Cela surprend parfois que moi, qui ne crois en rien sauf au Diable dans mes bons jours, je sois responsable d’un groupe de partage biblique à D-J. En notre beau pays de France, la majorité entre nous baigne depuis l’enfance dans la culture judéo-chrétienne. Certains s’en sont détachés, se déclarent athées comme moi ou encore ont embrassé d’autres croyances donc d’autres cultures. Mais, quoiqu’ils puissent en avoir, je ne pense pas qu’ils réussirent à se “purger”, à se délester tout à fait de ce bagage acquis au temps malléable de l’enfance. Leurs parent, leurs amis, leur entourage sont eux aussi pétris de cette culture, elle constitue un lien très solide entre eux alors quoi de surprenant à ce que nous nous référons souvent à la Bible ?
Bien sûr, la Bible est constituée d’éléments disparates soigneusement choisis et tout aussi soigneusement traduits. Mais l’Inquisition et ses fastes torrides ne terrifient plus que ceux qui veulent bien l’être, de nos jours, et plus rien n’empêche le vulgum pecus de se plonger dans les Evangiles Apocryphes ou dans d’autres textes risquant d’ébranler la Sainte Doctrine assénée à la Chrétienté depuis des lustres. Au passage je trouve étonnant que nos décimeurs d’hérétiques n’aient pas brûlés ces textes exposant les bonnes gens à se déporter vers des sentiers proches de ceux de la perdition. Je pense que si la Bible, le Coran et autres écrits plus ou moins sacrés ne contenaient aucun message, s’ils ne portaient aucune espérance ni aucune sagesse ils n’auraient pas traversé les siècles, ils auraient sombré dans l’oubli ! Par ces précieux écrits l’humanité possède de très solides bases sur quoi appuyer, étayer sa quête de sens (qui suis-je, d’où vins-je, où cours-je ?). Je ne disconviens pas qu’au cours des siècles elle en usa de façon parfois curieuse mais jeter tout cela aux oubliettes équivaudrait à couper un bel arbre aux fruits délectables sous prétexte qu’il se fait bien vieux et que la confiture qu’en tirent quelques méchants confiseurs à un goût amer. Il ne nous restera plus qu’un tas de bûches certes énorme mais bien insuffisant pour l’interminable hiver qui se préparera alors. Je crois profondément que chaque femme, chaque homme, quelle que soit sa culture, quelles que puissent être ses facultés de raisonnement est tout à fait apte, tout seul comme un grand, à découvrir dans ces textes la minuscule étincelle pouvant guider ses pas, l’aider dans sa vie terrestre, à faire de cette étincelle une torche d’espérance vraie et vivifiante pour lui et peut-être pour ses proches.
Pour ce qui concerne l’existence de Jésus, je ne pense pas que Matthieu, Marc, Luc et Jean et les auteurs des Evangiles Apocryphes aient inventé pareil personnage ni qu’ils l’aient fabriqué en empruntant des traits de caractère, des paroles et des actions à quelques-uns des hurluberlus pas menaçants ni dérangeants pour personne qui prophétisaient dans ce pays à cette époque-là. Ce qu’il professe va trop à l’encontre, bouscule trop les us et coutumes de la société juive de son temps. Par ses propos et par ses actes il remettait en question la domination, l’emprise des scribes, des pharisiens et autres sur le bon peuple. Il s’avéra vite dangerereux et on s’arrangea pour le faire condamner à mort (et quelle mort !). Pour moi, athée mais pas bornée, Jésus est un révolté, quelqu’un qui m’invite à prendre mon sort en main, à ne pas accepter sans broncher le lot qu’on estime me revenir parce que c’est moi et parce que c’est elle (la société dans laquelle je vis).
Les textes de la Bible furent écrits à une époque où les femmes n’existaient juridiquement pas, pourtant on n’ose se demander ce qu’il serait advenu de cette bande de mâles du désert sans ces côtellettes améliorées ! Je songe à Judith, à Ester, aux femmes de la généalogie de Jésus (Tamar, Rahab, Ruth, la femme d’Urie et Marie) sans oublier la Bien-Aimée du Cantique des Cantiques. Des hordes d’exégètes en dirent sans doute bien des choses dont un nombre raisonnable d’ânneries alors taisons-nous, lisons et relisons, que dans le silence tous les “parfums du Liban” (Ct. 4 11-12) parviennent jusqu’à nous.

“Qu’il me baise des baisers de sa bouche”

Enregistré dans : Ecrits, Réflexions — Domi at 10:17 am on Lundi, février 5, 2007